Programme :
Dulci Jubilo

"Reflets Croisés"

Voyage au cœur d'une musique éminemment française passant des mélismes grégoriens de Duruflé aux dramatiques regards des motets d'Escaich.
Compositeurs : Duruflé, Escaich, Poulenc, Rolland

Effectif :

Chœur de chambre 16 chanteurs

Orgue : Thomas Ospital

Direction : Christopher Gibert

Soliste Alto : Blandine de Sansal

Choeur de chambre Dulci Jubilo. Photo Louis Nespoulous
Thomas Ospital et Christopher Gibert photo de Louis Nespoulous

Accroche

Voyage au cœur d'une musique éminemment française passant des mélismes grégoriens de Duruflé aux dramatiques regards des motets d'Escaich. C'est là l'essence du style français : en retenu ou émancipé, mais toujours fusionnel avec le texte.

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Présentation (courte)

« Ce Requiem n'est pas un ouvrage éthéré qui chante le détachement des soucis terrestres. Il reflète l'angoisse de l'homme devant le mystère de sa fin dernière…Il tend à traduire les sentiments humains devant leur terrifiante, inexplicable ou consolante destinée». Duruflé peint ici une œuvre remplie d'une foi intense et profonde. Ce Requiem est une œuvre majeure de la musique française composé en 1947 pour la version orgue et chœur. En se réappropriant le chant grégorien et en le mêlant aux douces harmonies propres à son écriture, Maurice Duruflé réalise là un monument de la musique sacrée. Les Trois motets de Thierry Escaich, compositeur contemporain qui marque notre temps, sont placés comme un écho direct à la musique de Duruflé. Par leurs ambiances tantôt diaphanes, tantôt brutales, tantôt enjouées, ces pièces extrêmement virtuoses pour la voix ouvrent ce programme comme une apostrophe à tout ce qui suit. Ce reflet croisé ne pouvait trouver sa pleine résonance sans la musique de Francis Poulenc avec un des motets les plus expressifs de ce compositeur : Timor et tremor, extrait des Quatre motets pour un temps de pénitence (1938). A travers les voix a capella, Poulenc transcende l'esprit humain et nous emporte au cœur des passions de l'âme.

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Programme détaillé

Entrées : 

Thierry Escaich : Trois motets

  • Eaux natales

  • Le masque de la mort

  • Vers l’espérance 

Plat

Maurice Duruflé : Requiem 

ou

Gabriel Fauré : Requiem

Dessert

Grégoire Rolland : Audite Caeli

ou

Francis Poulenc : Timor et tremor, extrait des Motets pour un temps de pénitence

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Note pour programme (longue)

 « Ce Requiem n'est pas un ouvrage éthéré qui chante le détachement des soucis terrestres. Il reflète l'angoisse de l'homme devant le mystère de sa fin dernière…Il tend à traduire les sentiments humains devant leur terrifiante, inexplicable ou consolante destinée». Duruflé peint ici une œuvre remplie d'une foi intense et profonde. Ce Requiem est une œuvre majeure de la musique française composé en 1947 pour la version orgue et chœur. En se réappropriant le chant grégorien et en le mêlant aux douces harmonies propres à son écriture, Maurice Duruflé réalise là un monument de la musique sacrée. Les Trois motets de Thierry Escaich, compositeur contemporain qui marque notre temps, sont placés comme un écho direct à la musique de Duruflé. Par leurs ambiances tantôt diaphanes, tantôt brutales, tantôt enjouées, ces pièces extrêmement virtuoses pour la voix ouvrent ce programme comme une apostrophe à tout ce qui suit. Ce reflet croisé ne pouvait trouver sa pleine résonance sans la musique de Francis Poulenc avec un des motets les plus expressifs de ce compositeur : Timor et tremor, extrait des Quatre motets pour un temps de pénitence (1938). A travers les voix a capella, Poulenc transcende l'esprit humain et nous emporte au cœur des passions de l'âme. 

 

Timor et tremor : « La crainte et l’effroi La crainte et l'effroi ont fondu sur moi, Et les ténèbres m’ont envahi, Ayez pitié de moi Seigneur, ayez pitié de moi Je vous confie mon âme. Mon Dieu exaucez ma prière, Car vous êtes mon refuge et mon secours tout puissant, Seigneur, je vous ai invoqué, je ne serai pas confondu » 

 

Trois motets de Thierry Escaich : Composés en 1998 sur trois poèmes extraits du recueil d’Alain Suied Le Pays perdu, les Trois Motets résultent d’une commande de l’ensemble Soli-Tutti, qui en a assuré la création en octobre de cette année à Marly-le-Roi, sous la direction de Denis Gautheyrie – j’étais à l’orgue. Ils ont été adaptés en 2002 pour orgue seul, sous le titre de Poèmes. « Comme il est fréquent dans l’ensemble de mes pièces vocales, dans le Motet I ce sont avant tout les images du poème qui induisent l’écriture mélodique, le rythme, ou encore la répartition dans l’espace des divers éléments thématiques. S’ajoutent à cela des éléments extérieurs – ici, l’antienne grégorienne Puer natus est nobis [Un enfant nous est né] – qui me permettent de renforcer certaines images du poème et de créer une sorte de contrepoint littéraire. Ces phrases de la Nativité sont récitées dans un balancement rythmique immuable et légèrement irrégulier « enveloppé » par l’écoulement doux et lumineux du poème (aux voix de soprano et basse solos). Les deux seules progressions d’intensité de la pièce viennent traduire, d’abord, l’image du « ruissellement des eaux natales de l’univers » (avec un flux arpégé sur les jeux de fonds de l’orgue et un enchevêtrement vocal canonique), puis, un peu plus tard, la lente montée dans la « chaleur d’un cri », où le balancement initial se meut sous la forme d’une courte toccata organistique avant de retomber, exsangue, dans le silence du mystère de la Nativité. Dans la version pour orgue seul, cette pièce porte le titre d’Eaux natales. Le Motet II est plus fortement dramatique. Le titre aurait pu en être Le Regard de la Mort. Il s’intitulera, dans sa version pour orgue seul, Le Masque de la mort. Une succession d’accords fortissimo énoncent de façon hachée chaque syllabe du poème, comme une sorte de couperet glacial qui ponctuerait le silence de manière irrégulière et inexorable. Le texte latin qui contrepointe (à l’image du Motet I) le poème d’Alain Suied est celui du psaume De profundis [Des profondeurs je criai vers toi, Seigneur…], ce qui transforme la pièce en une sorte d’hymne d’imploration. Là encore, l’orgue va bien au delà du rôle d’accompagnement du chœur en lui répondant dans une écriture proche de celle des doubles chœurs de la Renaissance, en créant diverses sortes de mouvements motoriques, ou encore en surajoutant aux strates vocales des textures aiguës ou graves destinées à accentuer la dimension spatiale de l’écriture. Si, comme dans la Quatrième Esquisse, le poème du Motet III suggère une fuite effrénée devant la mort, cette fois-ci, la force qui propulse l’ensemble est l’Espérance – Vers l’Espérance, tel sera le titre de l’adaptation pour orgue seul. Quant à l’appel sur lequel se clôt le poème, c’est avant tout un appel au Créateur. Rien d’étonnant, donc, à ce que ce soit le texte du Kyrie eleison [Seigneur, prends pitié] que j’aie choisi pour renforcer le sens mystique de la pièce. Outre la superposition quasi incessante des deux langues (grec et français), et donc la superposition fréquente de strates sonores différentes qui en découle – comme si l’ensemble vocal était traité de façon orchestrale –, le caractère principal qui s’impose est celui de la danse. Une sorte de danse rituelle à la rythmique toujours irrégulière et sans cesse renouvelée, qui prend sa source aussi bien dans les motets mesurés à l’antique d’un Claude Le Jeune, par exemple, que dans certaines musiques extra-européennes, ou tout simplement actuelles (comme le rap). Le texte se plie alors aux accentuations les plus diverses censées lui donner un rythme interne propre à dépeindre le caractère haletant de la phrase poétique. » 

 

Motet I Enveloppé dans les langes du regard, le nourrisson boit des yeux la fable du monde. Chair et drap : dans les replis se devine et se déforme la source de tous nos rêves. Le cristal du cœur recueille les eaux natales de l’univers. Invente le monde. Éveille-toi au premier silence du regard. Quand tout nous est donné par inadvertance dans la chaleur d’un cri. Le monde vient de naître si tu lui tends les bras. 

 

Motet II Le regard fixe, impénétrable de la Mort, le masque sans contours, un jour, nous lui ferons face, un jour, il nous désignera. Ce sera une voix un désir fatigué un cri, une couleur : on ne sait jamais. Ce sera la peine d’un enfant ou le murmure d’un fantôme et soudain les yeux brûlés par sa présence interdite, nous reconnaîtrons son appel entre tous. 

 

Motet III Qu’est-ce qui nous traque et nous tord et se joue de nous derrière nos masques ? Qu’est ce qui souffre et se révolte au fond de nous malgré nos rêves ? Qui es-tu, triste matière silencieuse ? De quel parage du ciel es-tu la messagère oublieuse, de quelle détresse es-tu le gouffre indéchiffrable ? Qu’est-ce qui nous porte et nous appelle et nous élève au-dessus de nous dans l’espérance ? 

 
 
 
 
 
 

Conditions Contacts

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