Quand la rencontre artistique en Musicothérapie donne naissance à de nouvelles nuances

Deux artistes de l'Association Anima Nostra, Camille Suffran et Amandine Bontemps s'associent à Laurie D'Abbadie de Nodrest, Psychologue clinicienne, Musicothérapeute, Doctorante en Psychopathologie et chargée d'enseignement à l'université Jean Jaurès pour des interventions musicales auprès des personnes prises en charge à la Clinique Marigny à côté de Toulouse.

 

En partenariat avec la Clinique Marigny

 

 

 

 

 

 

Avoir recours à la musique et aux musiciens en réponse à la symptomatologie mélancolique ou dépressive (terme plus récent, présent dans le vocabulaire médical au XVIIIème siècle) est un procédé ancien. Aristote, Platon (préconisant la musique dans le soin psychique), David (secourant Saül), Farinelli (chantant au chevet de Philippe V), etc. sont autant d’exemples de notre histoire constituant l’héritage de la pratique actuelle en Musicothérapie. En effet, bien que cette thérapie médiatisée n’ait pas pour visée la guérison totale, les études récentes mettent en exergue les effets sur le corps, les affects, l’alexithymie, la créativité, la création, la communication… que les ateliers collectifs de Musicothérapie procurent chez les patients englués dans une psychopathologie dépressive (D’Abbadie de Nodrest L., 2017).

Tout comme la Musicothérapie ne peut pas se résumer à l’écoute de playlists sur Internet, elle ne peut pas être réduite à l’acte de composer ou de jouer. L’importance ici se situe au niveau du cadre clinique et ses particularités transférentielles : celui-ci dépend de la formation du Musicothérapeute, du public rencontré et de ses problématiques, de leurs préférences (approche active, réceptive, créative), ainsi que de l’authenticité de chacun.

Idéalement, et dans un premier temps, c’est au Musicothérapeute et aux intervenants extérieurs de s’ajuster aux patients et non l’inverse. L’idée n’est pas non plus de faire un « concert à la carte », des éléments positifs comme négatifs amenés par le groupe sont travaillés au cours des séances. Il importe également que ces ateliers comportent un début et une fin marqués, prenant sens pour le sujet, cette dernière déclenchant fréquemment un élan créateur accompagné d’une projection dans un futur proche.

C’est dans ce contexte que Laurie D’Abbadie de Nodrest (Psychologue clinicienne, Musicothérapeute et Doctorante en Psychopathologie), Amandine Bontemps (Chanteuse professionnelle et Musicologue) et Camille Suffran (Chanteuse et Violoniste professionnelle) ont construit un projet commun afin de penser et explorer les nouvelles formes de liens pouvant se tisser entre des personnes prises en charge à la Clinique Marigny (31), des musicien (nes) professionnels (les) (mais surtout impliquées dans la transmission) et une Psychologue Musicothérapeute.

 

Pour ce faire, il a fallu un temps d’adaptation afin de déjouer les pièges de la demande esthétique, de concert ou, comme évoqué supra, de liste de morceaux « à la carte »). Ainsi, de nombreuses reprises de cadre avec les patients et en alliance avec une équipe hospitalière pluridisciplinaire ont été nécessaires. Sans dévoiler trop précocement le travail de terrain et de recherche en cours jusqu’à juin 2018, nous pouvons déjà relever quelques aspects thérapeutiques essentiels dans la pratique.

L’objectif ici étant d’horizontaliser le lien dès que nécessaire, le positionnement de chacun est questionné en permanence. Par exemple, les musiciennes ne sont ni soignantes, ni patientes, elles peuvent recevoir la critique, exprimer leurs difficultés, leurs goûts, tout en tentant d’accueillir ce que leur renvoie le groupe. Vis-à-vis des patients issus de la psychiatrie résidant quel